Afrique

Au Sénégal, inquiétudes pour la liberté d’expression sous le nouveau pouvoir

Un Journaliste condamné pour « offense » au Premier ministre, chroniqueurs emprisonnés, convocations d’opposants par la police multipliées : au Sénégal, des voix dénoncent la répression croissante des libertés par le gouvernement, qui à son arrivée accusait pourtant son prédécesseur des mêmes travers.

Depuis plusieurs mois, les poursuites pour délits d’opinion s’accumulent dans ce pays réputé démocratique et plutôt stable dans une région agitée.L’un des derniers cas concerne le journaliste Doudou Coulibaly.Arrêté le 20 août, il a été condamné à trois mois de prison avec sursis pour « offense à un chef d’Etat étranger et à une personne exerçant les prérogatives du chef de l’Etat », après une vidéo où il critiquait vertement le Premier ministre Ousmane Sonko à l’occasion de sa visite au président turc Recep Tayyip Erdogan.

Il y a 16 mois, Bassirou Diomaye Faye, élu président dès le premier tour, et son mentor et désormais Premier ministre Ousmane Sonko (charismatique leader du parti souverainiste Pastef) étaient arrivés au pouvoir porteurs d’espoir pour une large partie de la société sénégalaise.

Le duo avait promis une rupture avec les anciennes pratiques du régime de Macky Sall (2012-2024), qui avait violemment réprimé des manifestations contre lui. Plusieurs dizaines de personnes avaient été tuées et des centaines d’autres blessées entre 2021 et 2024.

Le directeur d’Amnesty International Sénégal, Seydi Gassama, reconnaît « beaucoup de problèmes en matière de liberté d’expression ». Il pointe « de vieilles lois très répressives et à réformer » liées à « des infractions comme l’offense au chef de l’Etat, l’injure publique et la diffamation ».

De son côté, le président de la Ligue sénégalaise des droits humains, Alassane Seck, met en cause « les pouvoirs toujours exorbitants du procureur » à l’origine des nombreuses détentions préventives. »On s’attendait à des réformes du code pénal et du code de procédures pénales.

Mais pour des raisons politiciennes, la situation est laissée en l’état », relève-t-il.Et la nomination le 7 septembre aux ministères de la Justice et de l’Intérieur de deux personnalités très proches d’Ousmane Sonko n’a fait que renforcer les inquiétudes des défenseurs des libertés et de l’opposition.

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