Le Moyen-Orient, nouveau théâtre de la guerre entre la Russie et l’Ukraine
La guerre continue au Proche et Moyen-Orient. Guerre des bombes, en Iran, dans tous les pays du golfe Persique, en Israël et au Liban. Guerre des mots entre les dirigeants iraniens et le président américain. Il ne semble pas y avoir d’issue immédiate au conflit, d’autant que chaque camp trouve de l’aide au-delà de la région. Et notamment dans l’est de l’Europe, où la guerre dure depuis plus longtemps.
L’Ukraine propose son aide aux pays frappés par les drones iraniens. Des experts ukrainiens de la lutte anti-drones arrivent cette semaine dans le Golfe. En un peu plus de quatre ans de résistance à l’agression russe, l’Ukraine a constitué une expertise inégalée en matière de détection et d’interception des drones de conception iranienne massivement industrialisés et utilisés contre elle par la Russie. Ces mêmes drones pleuvent quotidiennement sur les Émirats, l’Arabie saoudite, le Koweït et le Qatar. Une évolution que les États-Unis ne semblent pas avoir anticipée. Pour l’instant, les forces américaines stationnées sur place répondent à ces attaques avec des armes anti-aériennes conçues pour intercepter des missiles. Chaque missile Patriot coûte plusieurs millions de dollars contre des drones à quelques dizaines de milliers de dollars et c’est clairement disproportionné.
Enjeu tactique
Enjeu tactiqueVolodymyr Zelensky propose donc ses ressources alors qu’il est en pleine guerre chez lui. D’un point de vue tactique, il voit comme tout le monde que le stock d’armes antiaériennes américaines de haute technologie s’épuise rapidement. Les hauts gradés américains ne cachent pas leurs craintes à ce sujet. Et l’Ukraine a un besoin impérieux de ce type d’armes. C’est la tactique russe de saturer les défenses antiaériennes ukrainiennes sous une masse de drones pour faire passer des missiles beaucoup plus meurtriers qui ne peuvent être interceptés que par des armes de haute technologie. Et si les États-Unis les utilisent toutes dans le Golfe, il n’y en aura plus pour l’Ukraine. C’est donc un échange des technologies dont chacun a besoin que propose l’Ukraine.
Enjeu diplomatique
Et puis, il y a un deuxième aspect. Il est diplomatique. Volodymyr Zelensky montre à Donald Trump qu’il n’est pas seulement un problème, mais aussi une solution. Il y a encore quelques jours, le président américain reprenait les accents employés il y a un an lors du guet-apens et de l’humiliation dans le Bureau ovale pour le presser à signer un accord de fin de conflit avec la Russie. Et il le dit, il n’est pas spécialement embêté par le fait que la Russie fournisse du renseignement à son allié iranien pour localiser et viser des cibles américaines comme le soupçonnent des sources militaires américaines citées par le Washington Post.
Enjeu économique
Enfin le dernier enjeu, il est économique. Depuis dix jours et le début de la guerre, les prix du pétrole ont bondi et donc aussi celui du pétrole russe. Et des pays comme l’Inde ne se gênent pas pour acheter des hydrocarbures russes. Si le conflit dure, cela pourrait permettre au Kremlin de reconstituer ses ressources financières, amoindries ces derniers mois sous l’effet des sanctions. Ce serait un avantage décisif dans sa guerre d’agression, pendant que pour l’Ukraine, les financements promis par l’Europe sont bloqués par la Hongrie, proche de la Russie. C’est pourquoi pour les deux camps, le conflit au Moyen-Orient revêt une importance primordiale.
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